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Interview de Ygaëlle Dupriez sur le thème de l’analphabétisme
La lutte contre l’analphabétisme figure aux premiers rangs des priorités
d’actions des nouveaux gouvernements wallons, bruxellois et communautaire. Lire et Ecrire dresse un état des lieux de la problématique et dégage des piste d’actions dans son rapport « « Vers un plan wallon pour l’alphabétisation. Le point de vue de Lire et Ecrire » .
Le CSEF a rencontré Mme Ygaëlle Dupriez, directrice de Lire et Ecrire en Wallonie.
Qu’est ce que l’analphabétisme ?
Le fait de ne pas savoir « lire ou écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref en rapport avec la vie quotidienne ». On distingue généralement les personnes illettrées et les personnes analphabètes. Les personnes illettrées ont été scolarisées et ne maîtrisent pas ou peu l’écrit. Les analphabètes sont celles qui n’ont pas ou quasi pas été scolarisées. Mais, quelque soit l’origine de la difficulté, le résultat est le même, la personne vit une situation d’analphabétisme.
Quelle est la situation en Wallonie?
Diverses études concordantes estiment que 10% des personnes de notre pays, comme dans les pays voisins, sont analphabètes.
À défaut de données plus précises, on utilise comme indicateur d’analphabétisme l’absence d’un diplôme primaire (CEB) . L’ensemble des études montrent, en effet, que les personnes illettrées se trouvent dans cette catégorie.
On peut avancer sans trop de risques que ne pas avoir acquis à 16 ou 18 ans (âge auquel la scolarité obligatoire a été portée en 1985) un diplôme que l’on obtient normalement à 12 ans, est un indicateur assez fiable d’un manque de maîtrise des compétences de base, au moins au moment où ces personnes ont quitté l’école.
Comme le montre un sondage (à prendre avec les précautions d’usage), 27% de la population wallonne possèderaient le CEB au mieux. Plus précisément, on observe que 16,4% des jeunes de 15 à 24 ans ont au mieux le CEB (14% en 2000). La proportion de jeunes sortant de l'école sans diplôme supérieur au CEB est importante (1/6).
Quel est l’impact de l’analphabétisme sur la situation professionnelle ?
En Région wallonne, le taux d’emploi, c'est-à-dire la proportion de personnes qui travaillent par rapport à la population totale en âge de travailler, est de 56% . Ce taux est étroitement lié au diplôme : plus le diplôme est bas, plus le taux d'emploi est bas. Ainsi, seuls 31% des personnes ayant au maximum le CEB ont un emploi. Ce taux passe à environ 50% pour les personnes ayant le CESI (secondaire inférieur) et dépasse 80% pour les personnes ayant un diplôme de l'enseignement supérieur.
Par ailleurs, les disparités homme/femmes sont importantes : si, parmi les personnes ayant au maximum le CEB, un peu plus de 4 hommes sur 10 travaillent, c'est le cas pour seulement 2 femmes sur 10. L'écart entre hommes et femmes diminue à mesure que le niveau de diplôme augmente, mais reste significatif, même parmi les personnes ayant un haut niveau de diplôme.
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