CSEF Mons
Comité Subrégional
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Interview de Madame Mireille COULON et de Monsieur Alain KOCK dans le cadre du démarrage des activités du Centre de Validation des Compétences du FOREM Formation de Mons

Le dispositif de validation des compétences se met progressivement en place.  Les premières validations ont été organisées durant le mois de juin. Pour faire le point sur l’état d’avancement du sujet, l’équipe du C.S.E.F. a rencontré Monsieur Alain KOCK, responsable de la Cellule exécutive du  Consortium de validations des compétences et Madame Mireille COULON, Directrice Régionale de FOREM Formation, premier Centre de validation d'aide comptable agréé en région wallonne et premier centre de validation agréé sur notre sous-région.

Après plusieurs années de réflexions, de négociations et de construction, le Dispositif de validation des compétences se met enfin en place. Cerise sur le gâteau, c’est à Mons que les premières validations de compétences ont été réalisées.

Mireille COULON : En effet, au terme d’un processus qui a vu le FOREM Formation de Mons poser sa candidature pour le métier d’aide-comptable en mars, passer avec succès audit externe et agrément en mai, les premières validations ont été organisées à Mons dans le courant du mois de juin. Plus exactement, 4 épreuves ont été organisées dans notre centre de validation, pour 27 personnes avec 13 réussites. 13 Titres de compétences seront donc délivrés.

Pour cette première opération, ce sont essentiellement des personnes qui étaient dans le circuit de FOREM Formation qui ont été sensibilisées. Les personnes qui ont passé les épreuves, venues des quatre coins de la région wallonne, étaient des stagiaires en fin de formation ou nous ayant récemment quitté. Dès septembre, une campagne de sensibilisation plus large, y compris vers les travailleurs actifs, sera mise en œuvre.  

Avant d’aller plus en détails sur le Centre de validation de Mons, pourriez-vous tout d’abord rappeler les objectifs généraux du dispositif de validation des compétences ?

Alain KOCK :  L’objectif initial du système de validation des compétences professionnelles est de permettre aux citoyens, au-delà de l’obligation scolaire, de valider leurs compétences et de les voir reconnaître par un système officiel et complémentaire au système de certification scolaire.

En effet, on apprend un métier de multiples façons, par l’expérience professionnelle, par la formation, par la vie de tous les jours. Mais il reste difficile de faire reconnaître ces savoirs pour avoir une porte d’accès à l’emploi, pour être bien orienté sur le marché du travail ou pour entrer dans une formation professionnelle complémentaire. Le dispositif de validation vient donc compléter le dispositif de reconnaissance des compétences en Belgique, puisque celui-ci était encore incomplet pour ce qui concerne ces compétences acquises en dehors du milieu scolaire. Je tiens particulièrement à souligner cet aspect complémentaire et non concurrentiel du système que nous mettons en place.

Pour rappel, cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une impulsion européenne qui vise à généraliser des systèmes qui existent depuis plusieurs années déjà notamment dans les pays anglo-saxons et scandinaves. Dans ce contexte, permettez-moi de souligner les 2 points forts du système mis en place en Belgique francophone :

  • l’association de l’ensemble des opérateurs publics de formation dans un système décloisonné
  • l’intégration des partenaires sociaux dans le dispositif

Enfin, d’un point de vue plus politique, les objectifs de la validation des compétences sont de favoriser la cohésion sociale, et de valoriser les qualifications acquises par les citoyens. Par delà, les partenaires sociaux peuvent se saisir du dispositif, par exemple pour faciliter la reconversion des travailleurs ou réduire les tensions sur le marché du travail.
 

Quels sont les bénéficiaires potentiels de ce dispositif ?

Alain KOCK : Le Dispositif est positionné pour rencontrer progressivement les besoins de l’ensemble de la population de plus de 18 ans à la fois les travailleurs (actifs ou non actifs) salariés et indépendants, du secteur public ou du secteur privé.

Le Dispositif s’adresse donc bien à toute personne, au-delà de 18 ans, désireuse de faire reconnaître ses compétences quelle que soit la manière dont elles ont été acquises. Cependant, des priorités ont été définies en terme de public cible, il s’agit des demandeurs d’emploi ne disposant pas du diplôme de l’enseignement secondaire supérieur ( CESS). J’insiste sur le fait que ces priorités n’excluent pas les autres publics car notre volonté est bien évidemment d’éviter toute forme de stigmatisation du système. 

La démarche de validation des compétences est une démarche volontaire et individuelle. Elle ne peut donc être imposée. Les données produites par le processus seront d’ailleurs la propriété du demandeur.

Pratiquement, comment est organisé ce dispositif en Communauté Française ?

Alain KOCK : Le dispositif présente 3 caractéristiques principales : il fédère l’ensemble des acteurs en région Wallonne et Bruxelloise(opérateurs de formation professionnelle continue, services publics de l’emploi et partenaires sociaux),  il met en place un système transparent (le dispositif intègre une large concertation), il impose un haut niveau d’exigence de professionnalité (expertise technique, démarche qualité).
 
Le dispositif est construit sur deux composantes :
- Le Consortium de validation des compétences
- Les centres de validation des compétences.

Le fonctionnement du Consortium est simple et classique :
- Un Conseil d’Administration dans lequel on retrouve les directeurs généraux des opérateurs des services publics ( l’Enseignement de Promotion sociale, le FOREM, l’Institut bruxellois francophone pour la Formation professionnelle, l’Institut de Formation en Alternance des petites et moyennes Entreprises, le Service de Formation des petites et moyennes Entreprises) et les Commissaires du gouvernement.
- Un secrétariat qui exécute les décisions prises par le Comité Directeur
- Un service de production qui produit les référentiels de validation.

En dehors de l’Administration générale du dispositif, la mission principale du Consortium est donc de produire les référentiels de validation des compétences à destination de la deuxième composante : les centres de validation.

Précisément, que recouvrent les référentiels de validation élaborés par le Consortium ?

Alain KOCK : Les référentiels de validation sont construits notamment sur base des référentiels de compétences de la Commission Communautaires des Profils et des Qualifications (CCPQ) et des référentiels sectoriels ( les Chargés de Mission de la CCPQ participent par exemple aux travaux des commissions des référentiels). Ils sont constitués de deux champs principaux :
- les éléments qui permettent de dire si un métier est oui ou non maîtrisé (notion de critères et d’indicateurs)
- Les situations professionnelles qui doivent être organisées pour vérifier que les compétences sont maîtrisées ( le système est basé sur une mise en situation quasi réelle de travail)

Les métiers sont divisés en unités de compétence, par exemple le métier de maçon comprend 3 unités de compétence ( Pose de briques et de blocs, égouttage, coffrage). La validation se fait sur ces unités de compétence, 1 titre de compétence = 1 unité de compétence.

L’objectif de cette déclinaison des métiers en unités de compétence est de rencontrer les gens tels qu’ils sont dans les postes de travail, dans les entreprises. Pour revenir à notre exemple, Il est en effet possible de maîtriser certaines compétences du métier de maçon mais pas toutes. Les entreprises organisent leur travail de manières différentes et tous les emplois de Maçon ne sont pas les mêmes. On peut donc ne pas savoir tout faire et malgré tout obtenir un titre de compétence pour la partie du métier qu’on maîtrise.

Les unités de compétence sont arrêtées pour une période de 3 ans et ensuite réactualisées. Il s’agit d’un des taux de réactualisation les plus élevés d’Europe et ce d’autant plus qu’en phase démarrage la réactualisation se fera chaque année.  Nous comptons beaucoup sur les retours des centres de validation pour alimenter nos réflexions sur l’ajustement des référentiels.
    
Seules les compétences pour lesquelles existent des référentiels de validation peuvent donner lieu à l’octroi de Titres de compétence.

Quels sont les organismes qui peuvent être agréés comme Centres de validation, deuxième composante du dispositif ?

Alain KOCK : Pour être agréé, un Centre de validation des compétences doit, d’une part, être un opérateur de formation professionnelle agréé des cinq institutions du Consortium ou être lié, par une convention de partenariat, avec une ou plusieurs de ces institutions. 

Il doit, d’autre part, répondre à des conditions administratives et qualitatives tendant à démontrer la capacité du centre à opérer les épreuves de validation avec justesse et en toute neutralité : disponibilité de personnel et d’équipements adéquats et respect des règles méthodologiques décidées par les  Exécutifs. Les Centres de validation sont ainsi audités par des organismes de contrôle externes (par exemple AIB VINCOTTE/Management Information, BCCA,SGS Systems) avant la décision d’agrément.

J’attire particulièrement l’attention sur l’exigence de transparence et de haute professionnalité envers tous les centres de validation. Les évaluateurs sont des professionnels de la formation et des métiers, des observateurs extérieurs (entreprises) participent aux épreuves. Il en va de la crédibilité du dispositif et surtout de la crédibilité des titres de compétences délivrés.  

Concrètement, comment le dispositif se met-il en place, quels sont les objectifs à court et à moyen terme ?

Alain KOCK : Même si nous ne sommes plus au stade de l’expérimentation mais bien à celui de la production, il me paraît important de souligner que notre volonté est que le dispositif démarre progressivement pour monter en puissance au fur et à mesure.

Pour l’année 2005, la note d’orientation stratégique prévoit notamment la réalisation de 40 référentiels de validation portant sur dix métiers. A ce niveau, la priorité a été donnée aux métiers du niveau de l’enseignement secondaire, pour lesquels existent de fortes demandes ainsi que des tensions sur le marché du travail.

Trois cycles de production sont programmés en 2005 :
- Le premier cycle a été organisé de février à mai et portait sur 4 métiers : aide-comptable, découpeur-désosseur, maçon, mécanicien d’entretien.
- Le deuxième cycle de production a commencé à la mi-juin et se terminera en septembre. 3 Métiers seront abordés : installateur en sanitaire, couvreur, aide-logistique en collectivités.
- Le troisième cycle de production est prévu entre octobre et décembre, il concernera 4 métiers : agent de maintenance, aide-ménagère, carreleur, technicien chimiste.

A Moyen terme, les objectifs sont d’une part  de compléter l’offre de validation sur les métiers existants ( Pour qu’une personne de Liège par exemple ne doive pas venir à Mons pour faire valider ces compétences sur le métier d’aide-comptable) et d’autre part de développer l’offre de formation pour de nouveaux métiers. Il est à mon sens primordial d’étendre rapidement l’éventail des métiers ( objectif 40 métiers) pour assurer le développement global et cohérent du processus. Il s’agit d’avoir une vision globale du dispositif de la validation, même si celui-ci sera progressivement programmé.  Ceci permettra par exemple d’avoir des politiques sectorielles ou d’optimaliser les coûts.   

A l’instant présent, quels sont les Centres de validation qui sont déjà opérationnels et dans quels domaines?

Alain KOCK : 3 centres de validation des compétences ont d’ores et déjà obtenu leur agréation :
- Le centre de Bruxelles-Formation pour le métier de Maçon
- Le centre du FOREM Formation de Mons pour le métier d’aide-comptable
- Le centre de l’Enseignement de Promotion sociale à Liège pour le métier de technicien d’entretien.

Seul le Centre de Mons a déjà procédé à des épreuves. Les deux autres centres seront opérationnels dans les jours ou les semaines qui viennent. Un quatrième centre est sur le point d’être agrée, il s’agit du centre de l’IFAPME, à Villers-le-Bouillet pour le métier de découpeur-désosseur


Mireille COULON : Délivrer les premiers titres de compétences en juin était un véritable défi pour le FOREM Formation de Mons. Il a notamment fallut identifier le centre de validation comme une unité en soi en établissant un organigramme spécifique, prouver la professionnalité des formateurs, choisir et mobiliser des observateurs externes, constituer les épreuves sur base des référentiels de validation. Des procédures ont également été mises en place pour remplir l’obligation de respect de la confidentialité et de la neutralité qui est imposée aux centres de validation. Il s’agit d’un aspect essentiel du dispositif, c’est notamment pour cela que les référentiels de validation ne peuvent en aucun cas être communiqués.

A quel niveau de développement se situe pour l’heure le Centre de validation de Mons ?

Mireille COULON : Au mois de juin, les épreuves qui ont été organisés portaient uniquement sur la première unité de compétence du métier d’aide-comptable : « tenir la comptabilité fournisseurs sous l’angle TVA au moyen de l’outil informatique ». 

Dès septembre, nous comptons mettre en place les épreuves permettant l’accès à un deuxième titre de compétences du métier d’aide-comptable : « tenir la comptabilité clients sous l’angle comptable et TVA au moyen de l’outil informatique ». 

Le titre 3 « Tenir la comptabilité financière au moyen de l'outil informatique » devrait être accessible pour la fin de l’année et le titre 4 « Assister le responsable dans les travaux de clôtures et dans le traitement des opérations diverses y compris la collecte et l'échange d'informations notamment dans le domaine social et l'établissement de la déclaration TVA au moyen de l'outil informatique » pour début 2006.

En pratique, Comment se déroulent ces épreuves de validation ?

Mireille COULON : Pour le moment le Centre a les moyens de recevoir 7 candidats par épreuve, cette capacité devrait être rapidement portée à 10, voir 12 personnes. L’épreuve se déroule en matinée et dure environ 4 heures et demie. Dès l’après-midi, les corrections et délibérations sont réalisées. Le lendemain, le responsable de centre envoie les avis de réussite ou de non réussite aux candidats.

En cas de non réussite, le candidat a la possibilité de solliciter un entretien pour obtenir un éclairage sur les raisons de cet échec voir ensuite d’introduire un recours. Il s’agit véritablement de positiver le résultat de l’évaluation  en indiquant les pistes qui pourraient être exploitées pour maîtriser la compétence. Une épreuve où le candidat n’aurait pas abouti, peut être représentée.

Nous insistons également tout particulièrement sur l’information et l’accompagnement des candidats dès l’entrée dans le processus, ce qui permet par exemple de réorienter les personnes qui ne sont manifestement pas prêtes pour passer les épreuves.

Comment doit procéder une personne qui souhaiterait faire valider ces compétences via le centre de validation de Mons ?


Mireille COULON : J’invite les personnes intéressées à prendre contact par téléphone avec Madame CHARLIERS (065/ 402.112) au service clientèle de FOREM Formation. L’inscription sera ensuite transmise au responsable du centre de validation qui rencontrera le candidat pour l’informer sur le dispositif de validation et fixer une date pour la présentation de l’épreuve. Le candidat disposera d’un délai minimum de 20 jours entre le moment de l’inscription et  celui de l’organisation de l’épreuve.

Coordonnées des autres centres de validation

  • Centre de formation professionnelle aux métiers de la construction (NOH)- pour le métier 'maçon'
    Rue des Faînes 245
    1120 Bruxelles
    02/ 247.04.40
  • Centre de validation des compétences de l'Enseignement de Promotion Sociale de Liège - pour le métier 'mécanicien d'entretien'
    Rue Saint Laurent 33
    4000 Liège
    04/ 223.11.31


En demande d'agrément :

  • Centre Epicuris - pour le métier 'découpeur-désosseur'
    Rue de Waremme 101
    4530  Villers Le Bouillet
    085/271.342

Consortium de la Validation des Compétences

  • Consortium de la Validation des Compétences
    Secrétariat
    Rue de Stalle  67
    1180  Bruxelles
    Tél : 02/371.74.41
    Fax: 02/371.75.91