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Rencontre avec Laure GUEUTHAL, chargée de Mission du CSEF de Mouscron, cheville ouvrière de la farde-outil sur les aptitudes sociales et comportementales.
Les difficultés liées au manque de maitrise, dans le chef des demandeurs d’emploi en formation/insertion, des savoirs-êtres de base sont régulièrement mises en avant dans le cadre des travaux de notre Commission Consultative Sous-Régionale (CCSR). Dans ce contexte, et afin de favoriser l’échange des bonnes pratiques, le CSEF de Mons a souhaité s’appuyer sur la farde-outil, développée par la CCSR de Mouscron. L’équipe du CSEF a rencontré Laure GUEUTHAL, cheville ouvrière du projet à la CCSR de Mouscron, pour vous présenter l’outil plus en détail en préambule de la matinée d'information/formation que nous vous proposons le 27 janvier prochain.
CSEF : Les aptitudes sociales et comportementales qu’est ce que c’est ?
Laure GUEUTHAL : Nous n’avons pas défini clairement ce que nous entendions par ces aptitudes car c’est vaste et chaque personne est différente. Nous avons préféré partir des sujets que nous souhaitions travailler avec les stagiaires : l’absentéisme, le manque d’hygiène, le manque de motivation, l’agressivité, le fatalisme, les retards répétés, … Toutes ces comportements qui tiennent parfois plus à de la socialisation, de l’éducation que de la compétence en tant que telle mais qui handicape très sérieusement un parcours d’insertion en formation ou à l’emploi. Entre nous, on appelle parfois cela le socle de base minimum nécessaire à l’insertion.
Nous ne travaillons pas la maîtrise des langues, l’informatique, l’assertivité, la rigueur, … qui sont pour nous déjà plus sur les champs des compétences liées à une fonction.
CSEF : Pourquoi mener un projet sur ce thème ?
Laure GUEUTHAL : Au sein de notre Commission consultative sous-régionale, un constat a été posé aussi bien par les partenaires de l’insertion que par les entreprises : dans certains cas, la réussite d’une formation ou l’accès à l’emploi n’est pas essentiellement mis en cause par un manque de savoir-faire des stagiaires mais très souvent par un manque d’aptitudes sociales.
Nous avons donc souhaité prendre cette thématique à bras le corps et voir comment nous pouvions la travailler.
CSEF : Quels étaient les objectifs du projet ?
Laure GUEUTHAL : L’objectif n’était pas de trouver la panacée car les professionnels de l’insertion sont face à des situations aussi multiples que le nombre de gens qu’ils rencontrent. Nous avons donc opté pour une solution alternative, récolter et formaliser un maximum d’outils pour élargir leurs horizons.
Le but poursuivi par l’outil est d’apporter des trucs, des pistes d’idées d’autres professionnels aux partenaires qui seraient face à une situation qu’ils n’arrivent plus à gérer.« Je ne sais plus quoi faire, avec cette personne ça ne fonctionne pas, je me sens démuni et bien, j’ai le réflexe d’aller voir dans la farde-outil ce que d’autres professionnels dans le même cas font ».
CSEF : Quelle méthode de travail avez-vous utilisée ?
Laure GUEUTHAL : Nous avons réuni différents partenaires, tous horizons confondus. Nous avons listé avec eux un ensemble de situations problématiques, les avons classées en sous-catégories et avons ensuite organisé des brainstormings autour de ces situations.
Une question simple : « Que faites-vous lorsque vous êtes face à cette situation ? » mais des balises strictes : interdiction de poser un jugement sur la pratique du partenaire, respect du temps de parole et de la parole de chacun, neutralité dans la retranscription afin qu’on ne sache pas qui a dit quoi.
CSEF : Quels résultats avez-vous obtenus ?
Laure GUEUTHAL
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Une farde-outil reprenant différentes pistes de solutions ;
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Des fiches-ressources présentant, de manière plus concrète, différents outils ;
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Le suivi de différentes formations suivies par certains partenaires et pouvant également donner des pistes ;
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Une quarantaine de partenaires qui se sont investis dans le projet ;
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Ces mêmes partenaires qui ont pu se rendre compte que la situation était partagée par tous et donc pu partager leurs expériences ;
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Un réseau de partenaires qui se connaît mieux et qui se contacte plus facilement ;
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Différents relais sur la région pour des problématiques plus spécifiques comme la mobilité ou les assuétudes.
CSEF : Pouvez-vous nous dire quelques mots de ces outils ?
Laure GUEUTHAL : Je crois que ces outils ont permis de formaliser pas mal de pratiques quotidiennes et qu’ils peuvent être de bons appuis pour les professionnels de l’insertion. Par contre, ils n’ont pas la prétention de répondre à tous les problèmes ou d’être révolutionnaires. Certains demandent du temps que certains n’ont pas mais je crois que chacun peut y puiser des idées et qu’ils sont assez faciles d’accès.
Les fiches-ressources présentent de manière très pratique différents outils, techniques ou pratiques utilisés par les formateurs sur les champs suivants :
CSEF : A qui sont-ils destinés et comment se les procurer ?
Laure GUEUTHAL : Aux professionnels de l’insertion et principalement aux formateurs car pas mal d’outils demandent de connaître les personnes, de les suivre pendant une période plus ou moins longue, …
La rançon du succès fait que les fardes éditées par le CSEF de Mouscron sont, pour l’instant, quasiment épuisées. Néanmoins, la farde-outil et les fiches ressources sont directement accessibles sur notre site internet. |